Mon projet

Accompagner à l’accordéon les enfants hospitalisés

   Le projet consiste à rencontrer des enfants hospitalisés et à les soutenir par la musique en partant de leurs désirs d’expression que j’accompagnerai à l’accordéon: chanson, mouvement, parole, dessin... A partir du ou des mode(s) d’expression que les enfants choisiront et qui seront les plus adaptés au contexte, nous élaborerons ensemble des séquences de création et d’accompagnement qui seront construites avec eux, sans contraintes et dans le respect de leurs attentes, soit pour sociabiliser ce qui sera réalisé, soit pour en préserver la confidentialité ou l’intimité.

   La présence des clowns m’apportait une vraie bouffée d’oxygène lorsque j’ai été hospitalisé. Leur aide est précieuse. A mon tour, j’ai envie d’aider ces enfants à garder de cette période des souvenirs agréables. N’étant pas clown, mais musicien je rêve aujourd’hui de mettre ma musique au service de ce public particulier qui me tient à cœur.

   Je sais que la musique facilite la prise de contact et je suis aussi un peu magicien. J’ai déjà réalisé des concerts-spectacles participatifs que j’ai appelés « musicomagie ». Mon intention dans ce projet est dans un premier temps de parler avec chaque enfant et de lui demander ce qu’il aime faire pour s’exprimer : dessin, parole, pâte a modeler, expression corporelle, chanson, musique, peu importe. Ce sera ensuite à moi de trouver comment je peux accompagner cette envie. Dans un troisième temps, selon les choix des enfants, nous pourrons mélanger leurs idées, les projets avec d’autres personnes de l’hôpital s’ils en ressentent le besoin, mais en préservant le côté personnel : il s’agit avant tout du projet de l’enfant. Si un enfant me dit « je veux faire quelque chose pour moi, qui vient de moi, et qui reste entre nous », je le verrai individuellement et je l’accompagnerai individuellement. Il  ne s’agit pas nécessairement d’en concevoir une représentation, un spectacle ou un enregistrement pour les parents, par exemple. Mais tout est envisageable à ce stade, puisqu’il s’agit vraiment d’accompagner les enfants dans leurs désirs d’expression.

   Si l’enfant a envie de dessiner je peux jouer quelque chose suivant ce que le dessin m’inspire. Cela peut être l’inverse : je joue quelque chose, et l’enfant  dessine ce que la musique lui inspire. Cela peut être aussi un dialogue, l’un qui répond à l’autre, et ensuite les deux qui se répondent. 
Si l’enfant a envie de chanter une chanson, je peux l’accompagner tout simplement.
S’il a envie de créer une chanson, on peut le faire ensemble.
Si un enfant a envie de jouer de la musique, j’ai beaucoup d’instruments que je peux mettre à sa disposition. On pourra au minimum jouer en duo. Plusieurs enfants pourraient également jouer ensemble s’ils le désirent.
Si l’enfant s’exprime par la parole, cela peut donner un petit côté slam, à la Grand Corps Malade, accompagné à l’accordéon.

Chanson accompagnée, dessins ou images en fond musical, parole libre, expression corporelle… selon les propositions des enfants. Moments de tête à tête ou partage entre les enfants par la musique, trace ou non, au plus près des désirs.

En encadrant un stage dénommé « chanson et interprétation » à plusieurs reprises, j’ai été surpris par le choix des chansons : en grande majorité elles sont tristes. Il y avait un besoin d’exprimer une douleur, parfois un deuil, à travers ce mode d’expression. Les chanteurs étaient alors submergés par l’émotion qui gagnait tous les participants, intervenants compris. Mais on a toujours réussi à passer des larmes au rire entre autre, grâce à la musique.

 Pour les enfants, il s’agirait de soulager, ou d’extérioriser des émotions comme la peur, la colère, la tristesse, le découragement que l’on traverse lorsque l’on combat la maladie, grâce à la force et l’émotion que peut apporter la musique, pour ramener un sourire, un espoir.

 En m’engageant dans ce projet, je prends le risque de me ramener à des choses que j’ai vécues, que j’ai traversées, qui peuvent être parfois encore douloureuses. Ce risque est aussi une chance, celle de pouvoir surmonter ces moments là en y semant des graines de bonheur. J’espère que cela leur fera du bien à eux, d’être en contact avec quelqu’un qui est déjà passé par là, qui a déjà eu un cancer, mais qui vient les voir, guéri. Il y aura un message concret, sans avoir à dire « Regardez, j’ai survécu à cette maladie ! », ils le sauront, le verront, et par le biais de ce partage, j’espère les aider dans leur lutte.